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4 juillet 1179 (Saint Martin d’Eté) : Le Chapitre s’est tenu et les Frères ont vaincu le Démon… Pour cette fois, cependant.
I -1. LAUDES : Alors que chacun cherche à trouver le sommeil, les Frères sont troublés par les hurlements provenant des geôles de la Commanderie de Jérusalem : Frère JULIEN, le disciple de feu Frère NICODEME, crie sa douleur et son remord. Il supplie à qui veut l’entendre qu’il implore le pardon de Dieu. Si les Frères se rendent auprès de lui, ils le trouveront, terré au fond d’une cellule miteuse, les yeux larmoyants. Frère JULIEN les priera de leur accorder leur pardon, disant, entre deux sanglots, que, oui, il s’est trompé sur les intentions de Frère NICODEME. Il est à souhaiter que les Frères entendent la demande de Frère JULIEN, et lui accordent leur pardon. Peut-être même, auront-ils la présence d’esprit d’essayer d’en apprendre un peu plus sur le Frère NICODEME à cette occasion… Ce que Frère JULIEN pourra révéler aux Frères, entre deux sanglots : a. Nicodème avait été emprisonné dans les geôles de la prison royale de Tyr, ceci en 1173. Pour autant, Frère Julien ignore tout des raisons pour lesquelles NICODEME avait été emprisonné. Tout ce qu’il pourra en dire, c’est que NICODEME semblait avoir conservé de graves séquelles de cette incarcération. b. Il avait été libéré des geôles en 1178, ceci en compagnie d’autres Frères également emprisonnés. c. Nicodème était le « mentor » de Julien depuis son retour, il y a peu ou prou un an. d. Régulièrement, NICODEME devait quitter la Commanderie pour quérir un onguent destiné à apaiser les souffrances de son pied bot. Pour ce faire, il se rendait auprès d’un médecin juif, dont cependant Frère JULIEN ignore le nom. e. Non, ô grand jamais il n’a vu NICODEME avoir de comportement étrange ou même répréhensibles.
Dès Prime, les Frères seront mandés par Frère Hélinand de St Omer, lequel semblera bien soucieux. Après les avoir dévisagé tour à tour pendant quelques secondes, il prendra une profonde inspiration et, d’un air las, leur dira : « Mes doux Frères, je sais bien que vous êtes las des événements qui depuis quelques temps se déroulent au sein de notre commanderie. J’ai écouté avec la plus grande attention vos dires lors du chapitre qui hier au soir s’est tenu. Cependant et malgré toute la sincérité de vos propos, il subsiste de nombreuses choses qui pour l’heure demeurent inexpliquées…. » Hélinand de St Omer soupirera et les Frères pourront alors constater à quel point il a l’air exténué. « Mes doux Frères, sachez qu’à nouveau il me faut mander votre assistance, à vous comme à l’ensemble de ceux qui en ces murs trouvent refuge : je vous le demande en ami, faites en sorte de comprendre ce qui est arrivé à Nicodème, découvrez par quelle horrible manigance le malin a pu prendre ses traits et venir ici, en notre commanderie, semer le trouble et le désordre ! ». Les Frères interrogerons vraisemblablement Hélinand de St-Omer, lequel pourra leur confirmer l’emprisonnement de Frère NICODEME dans les geôles de Tyr, tout en indiquant qu’il n’avait pas été le seul à avoir subi un tel sort : en effet, un autre Frère de la Commanderie, dénommé ALAIN, avait connu pareil sort. Hélinand de St-Omer ne donnera cependant pas plus d’informations aux Frères, même s’il est visiblement extrêmement préoccupé. Mais cela semble normal, en l’état actuel des choses. II – 2. (JOURNEE DE LA ST VALFROY) : PREMIERES PISTES A ce stade du scénario, les joueurs peuvent se sentir quelque peu dépassés par l’ampleur de la tache qui leur est dévolue. Cependant, en reprenant les événements les uns après les autres, il apparaît qu’un certain nombre de pistes s’offrent à eux. Passons-les rapidement en revu, avant de commencer à démêler l’écheveau de ce qui se trame à Jérusalem… - Qui est
le médecin juif qu’allait voir Nicodème afin de se
procurer les onguents nécessaires à sa guérison ?
(a) NB : lors de cette première partie orientée enquête du scénario, vos Frères pourront suivre les différentes pistes dans l’ordre que bon leur semblera. Il est à parier qu’ils seront rapidement dépassés par le nombre de pistes s’offrant à eux. Pas de panique : les choses s’éclairciront d’elles-mêmes…Enfin… souhaitons-le ! a) Le médecin juif Découvrir le nom du médecin juif auquel Nicodème rendait visite afin de trouver des onguents destinés à soulager ses douleurs que lui causait son pied bot ne présentera aucune difficulté : il suffira d’interroger le Frère infirmier de la commanderie qui, après quelques hésitations, finira par indiquer que le juif en question se nomme ISAAC BEN SAMUEL. Il officie dans le quartier juif de Jérusalem. A n’en point douter, les Frères vont aller lui rendre une petite visite. ISAAC BEN SAMUEL tient une petite officine au devant de laquelle se presse une cohorte de miséreux venus quérir là les conseils d’un sachant. A l’approche des Frères, les patients s’écarteront de l’entrée de la maisonnée de telle sorte qu’il leur sera aisé d’entrer. A l’intérieur de l’habitation éclairée à la lueur de quelques bougies et dont les murs sont couverts de suif, les Frères trouveront sans mal le dénommé ISAAC BEN SAMUEL, occupé à prodiguer quelques soins à quatre patients en même temps.
- oui, un
Frère du Temple correspondant à la description de Nicodème
est venu le voir une unique fois, Dans un coin de la pièce, gisant lamentablement sur une couche de fortune, les Frère pourront remarquer un homme visiblement en grande souffrance qui ne cessera pendant l’entretien de pousser des râles infâmes : à en juger par son apparence, l’homme d’une quarantaine d’année n’en a plus pour longtemps, et la seule chose qui reste à faire consiste à rendre ses souffrances aussi tolérables que possible. S’ils s’intéressent au sort de cet homme, le médecin pourra leur dire qu’il se prénomme ELIE. Il y a deux jours de cela, il a été violemment heurté par un bloc de pierre tombé sur un chantier et, malheureusement, la plupart de ses os ayant été brisés, il ne subsiste aucun espoir quant à sa guérison… Tout ceci ne manquera pas d’étonner les Frères : en effet, le frère OTON, infirmier de la Commanderie, avait bien précisé que Nicodème allait régulièrement voir ISAAC. Or celui-ci ne l’a vu qu’une seule fois ! Que faisait donc Nicodème lors de ses prétendues visites au médecin juif ? Si en quittant le médecin juif les Frères pensent à interroger l’un ou l’autre habitant du quartier, ou même quelques-uns des patients se trouvant là, l’un d’eux pourra leu apprendre qu’il y a quelques temps de cela il a bien vu un Frère du Temple quitter la Commanderie et se défaire de son blanc manteau pour revêtir des vêtements plus communs. Cette scène aurait eu lieu dans la rue de la Porte de Jéosaphat (cf. le plan de Jérusalem, p 167 du Livre de règles). Le cas échéant, des Frères particulièrement finauds pourront découvrir près de la porte de Jéosaphat un ballot dûment dissimulé, contenant des vêtements élimés.
Il sera toujours abattu et quémandera le pardon des Frères ainsi qu’il l’avait fait la nuit passée. Si vos Frères interrogent plus avant les personnes présentent dans la Commanderie, ils pourront peut-être apprendre auprès d’un Frère Sergent que les rumeurs affirment que le Frère Julien se serait à maintes reprises rendu coupable du péché de chair. Il s’agit là cependant que d’une simple rumeur nullement étayée… c) Les dires de Frère Alain Frère Alain est un Frère du Temple vieux et désabusé. Il passe le plus clair de son temps libre à l’ombre de l’olivier majestueux qui trône au sein de la haute cour de la Commanderie. Interrogé par les Frères, Alain leur apprendra que Nicodème haïssait Eudes de Saint-Amand car il considérait qu’il était responsable de son emprisonnement. Néanmoins, et à titre personnel, Frère Alain ne rejoint pas cet avis et cela malgré le fait que lui-même avait été emprisonné à l’instar de Nicodème. Cela a toujours été un point de discorde entre lui et Nicodème. En tout état de cause, Frère Alain ignore ce que sont devenus ses autres compagnons alors emprisonnés, et visiblement se remémorer tout ceci lui cause grande peine. Pour autant, Frère Alain pourra également apprendre aux Frères qu’une nuit de 1178, alors qu’ils avaient enfin été libérés de Tyr, il a vu Nicodème en grande conversation auprès des portes de la commanderie avec un personnage encapuchonné. A l’époque cependant, eu égard à ses mauvaises relations avec Nicodème, il n’avait pas songé à en savoir plus. d) La cellule de Frère Nicodème Les Frères voudront certainement aller jeter un œil à la cellule qu’occupait Nicodème dans la Commanderie de Jérusalem. Celle-ci est tout à fait identique à toutes les autres cellules de la Commanderie et, de prime abord, rien de particulier de ne s’y trouve. Cependant, en soulevant la couche de Nicodème, ils pourront trouver deux choses : - un chapelet
de l’islam S’ils interrogent d’autres Frères quant à Nicodème, les Frères apprendront simplement que Nicodème n’était pas le plus assidu aux offices et ceci depuis son retour de Tyr. II – 3. (JOURNEE DE LA ST VALFROY) : RABBI JOSEPH
Après de nombreuses palabres cependant, ils pourront enfin apprendre où le Rabbi logeait. Il s’agit d’une habitation certes meublée avec goût, mais pas de manière ostentatoire, du quartier juif. Là, les Frères trouveront la famille du Rabbi, qui, une fois établie leur bonne foi (présenter la Kippa peut aider…) leur apprendront en premier lieu que Rabbi Joseph n’est plus de ce monde depuis trois mois. En effet pendant le Shabbat, alors qu’il était en train de travailler, à la lueur de bougies (sic !), sur différents textes issus de la kabbale babylonienne, il a été victime d’un arrêt de son cœur. Le cas échéant, les membres de la famille de Rabbi Joseph pourront confirmer que le jour de sa mort il avait bien reçu la visite d’un homme portant des vêtements identiques à ceux trouvés dans le ballot de la porte de Jéosaphat.
Résumons en quelques lignes les principales découvertes qu’ont pu faire les Frères au cours de cette première journée : ? Frère
Nicodème semblait user du prétexte de visites à un
médecin juif pour s’éclipser discrètement du
Temple Je vous l’avais annoncé : les choses se compliquent… Laissons pour l’heure vos Frère profiter d’une nuit sans autre encombre.
III – 1. UN BIEN ETRANGE EMISSAIRE. Au cours de la matinée de la Saint Josse, alors que les Frères seront encore en la Commanderie, un homme sollicitera audience auprès d’un Frère dénommé BENOIT qui n’est autre que le Frère drapier de la commanderie de Jérusalem. L’homme qui sollicite audience est richement vêtu se dit de la famille de Nasser Hammimaz, une riche famille byzantine de tisserands dont certains membres à ce jour résident en Jérusalem. Lui-même dit se nommer LARBI HAMMIMAZ et, s’il est interroger quant à la raison de sa venue, se bornera à solliciter l’entretien auprès de Frère BENOIT. NB : pour mémoire, Jaafar Ibn Sa’Adi qui avait accueilli les Frères lors de leur route vers Damas se disait tisserand… Curieuse coïncidence… Il apparaîtra bien vite cependant qu’il n’y a nulle trace du Frère drapier au sein de la Commanderie : celui-ci semble purement et simplement s’être volatilisé ! Informé de cela, LARBI HAMMIMAZ daignera en dire plus quant aux raisons de sa visite : Nasser HAMMIMAZ, l’oncle de LARBI, est décédé il y a trois semaines de cela, la nuit du 15 juin 1179, son cœur ayant cessé de battre. Frère Benoît avait sollicité de Larbi qu’il l’informe si par extraordinaire quoique ce soit de neuf venait à apparaître en suite de ce décès. Or, la nuit dernière, un homme peu loquace, vêtu en pèlerin s’est présenté et a demandé à parler à Nasser. A l’annonce de sa mort, il a semblé très affecté et a longuement interrogé Larbi quant aux circonstances du décès de Nasser. Larbi confirmera que c’était la première fois qu’il a vu ce pèlerin et qu’en tout état de cause, malgré ses demandes insistantes, il n’a pas répondu aux questions posées par le pèlerin. Si vos Frères songent à montrer la Shuba (le chapelet) à Larbi, celui-ci indiquera qu’il s’agissait bien du chapelet de Nasser, il n’a aucun doute à ce sujet ! Questionné sur les circonstances du décès de Nasser le Tisserand, Larbi expliquera que son oncle a vécu une belle et longue vie et que celle-ci, comme toute chose, était destinée un jour à cesser. Bien entendu, Larbi réfutera toute allégation tendant à le qualifier de Bâtini : une telle remarque conduirait immanquablement à rendre pour le moins difficile les relations entre lui et les Frères…
Il est fort probable que vos Frères s’inquièteront du sort de Frère Benoît, le drapier de la Commanderie. Rapidement, ils apprendront que s’il était bien présent au dernier Chapitre, celui où Nicodème a montré son vrai visage, il n’a pas été vu depuis. Par ailleurs, les membres de la Commanderie pourront apprendre à vos Frères que Benoît avait été envoyé en mission (il recherchait du tissus afin de confectionner de nouveaux blancs-manteaux) il y a un mois de cela et n’était revenu en la Commanderie il n’y a que trois jours. Sur la personnalité du Frère Benoît, auquel vos Frères n’avaient jusqu’à ce jour jamais prêté grande attention, il pourra être dit que son des dehors un peu frustres, il était en réalité éminemment versé en bien des domaines de la foi. Il passait ainsi de longue heures à étudier les textes sacrés et semblait particulièrement intéressé par ce qui touchait à la généalogie… S’ils vont visiter la cellule du Frère Benoît, ils pourront trouver un vélin sur lequel sont inscrits les mots suivants :
Bien curieuse sentence…. Laissez-donc vos joueurs mariner quant au sens de ces mots : ils en apprendront plus bien assez tôt.
Vos Frères vont sans aucun doute partir à la recherche du Frère Benoît dans les rues de Jérusalem. Pourtant, rien n’y fait, personne ne semble l’avoir vu. Cependant, cette escapade ne sera pas inutile, car alors qu’ils interrogent l’un ou l’autre hiérosolomytain, ils auront la surprise de voir à quelques toises d’eux, un homme qui ne leur est pas inconnu. Il leur faudra quelques secondes (sens) pour reconnaître dans l’homme qui, arborant un large sourire, négocie âprement l’acquisition de quelques fruits, ELIE, le mourant ! Oui, il s’agit bien d’Elie, l’homme qui hier encore gisait sur une couche crasseuse dans l’officine de Isaac Ben Samuel, le médecin juif ! A n’en point douter vos Frères vont lui demander comment, alors qu’il y a peu il semblait sur le point de passer de vie à trépas, il déambule désormais gaillardement dans les rues de Jérusalem. Elie leur fera un récit bien étrange : Oui, hier encore il était mourant et Isaac lui avait bien dit qu’il ne pouvait rien pour lui. Mais c’est alors qu’est venu en l’officine ce Pèlerin. Le Pèlerin s’est alors penché sur Elie, l’a touché, et immédiatement toute souffrance l’a quitté : il était guéri ! Non, Elie ne saurait dire à quoi ressemblait exactement le Pèlerin, tout ce dont il se rappelle c’est qu’il portait quelques bandelettes aux poignets Le cas échéant, Ben Samuel pourra confirmer les dires d’Elie en précisant en outre que ce Pèlerin fait l’objet depuis toujours de légendes bien vivaces dans les milieux juifs : il apparaîtrait, soignerait et disparaîtrait aussitôt. Visiblement, il s’agit bien plus d’une légende…
Après ces péripéties et sans nouvelles de Frère Benoît, alors que vos Frère s’en seront retournés las vers la Commanderie, ils seront appelés par le Sergent de garde à la poterne : deux hommes, visiblement des sarrasins, entendent leur parler sans délai ! Arrivés à l’entrée Sud de la Commanderie, ils auront la surprise de voir Jaafar Ibn Sa’Adi, accompagné de deux hommes, les attendre : décidément si même les Bâtinis s’en mêlent, la chose devient redoutablement compliquée… Ibn Sa’Adi prendra rapidement la parole, visiblement pressé de délivrer son message et de s’en retourner. Il dira prestement aux Frères qu’il sait que celui qui a interrogé leur Maître (le fameux nécromant) a quitté Damas. Tout ce qu’il sait à son sujet c’est qu’il avait proposé son aide à Salah-Ad-Din en échange du droit d’interroger le Maître du Temple. Si vos Frères songent à interroger le Bâtini quant au Pèlerin, celui-ci leur dira que si cette légende existe également en leurs rangs, il ne voit pas en quoi elle concerne leurs préoccupations actuelles. Il ignore tout de Frère Benoît ou de Rabbi Joseph, mais interrogé à son titre, il pourra confirmer que Nasser Hammimaz était un brillant théologien. Quoiqu’il en soit, Ibn Sa’Adi ne tient pas à ce que cet entretien, mené à la poterne de la Commanderie, se prolonge et prendra rapidement congé.
En ce jour des saints Cyrille et Méthode, un Bâtini viendra derechef mander vos Frères, mais cette fois dans un tout autre registre : il a l’air paniqué et demande de toute urgence à ce que les Frères, et rien qu’eux, le suivent. Il partira en toute hâte dans les rues de Jérusalem pour les mener à une habitation anonyme dans laquelle il se ruera. A l’intérieur de celle-ci, vos Frères vont découvrir une véritable scène de carnage, un dernier Bâtini s’effondrant devant un serviteur démoniaque du Malin similaire à celui qui avait usurpé ( ?) les traits de Nicodème. Le démon ne tardera pas à se ruer sur vos Frères, secondés par leur guide. Je vous laisse le soin de faire de ce combat un moment épique dont vos Frères devraient ressortir passablement affaiblis, mais néanmoins vainqueurs. Au moment de s’effondrer, le démon rugira que « le Maître est sur le point d’arriver et qu’alors les misérables Frères du Temple ne pourront plus rien ! … » Une fois le démon défait, les frères verront que parmi les cinq corps gisant dans la pièce, se trouve Frère Benoît. Celui-ci, dans un dernier râle, agrippera le blanc manteau de celui des Frères qui avait tué Eudes de Saint-Amand et dira : « Rends-toi dès demain, à sixte, au Mons des Oliviers…. Achète alors une once de pourpre et dis aux gens qui seront là « Je suis Frère [donner le nom du frère en question], fils de Joseph » Puis dirigeant son regard vers les autres Frères : « quant à vous autres, protégez votre Frère au péril de vos vies…. » Alors seulement, Frère Benoît rendra l’âme.
Il est l’heure pour les Frères du Temple de tenter de faire un compte-rendu de leurs découvertes et aventures à Hélinand. Celui-ci, dès la nouvelle du décès de Frère Benoît annoncé, ordonnera que sans délai il soit dit une oraison funèbre pour le repos de son âme. La campane sera sonnée et les Frères de la Commanderie réunis dans la Chapelle, au pied de la dépouille du Frère Benoît. Sur l’autel, les Frères pourront voir une icône représentant Saint-Jean surmonté d’un aigle. A ce stade, fidèle lecteur, soit tu as la chance d’avoir des joueurs aussi débrouillards que les miens et ils comprendront tout seuls, soit il te sera nécessaire de faire intervenir le Frère Chapelain FULBERT qui au cours de l’oraison pourra faire une référence explicite à l’Evangile selon Saint-Jean. Car en effet, c’est ici que doit s’éclaircir le mystérieux vélin de la cellule de Frère Benoit :
Les Frères, à ce point de leurs péripéties, devraient commencer à y voir un peu plus clair et peut-être comprendre que pour avancer, il leur faut revenir à la lettre des Ecritures. En l’espèce, cela signifie se rendre à Béthanie situées, ainsi que le dit le Texte à quinze stades (un peu moins de trois kilomètres) de Jérusalem. Béthanie est désormais un petit bourg que quelques maisonnées en périphérie d’une Jérusalem qui n’a cessé de s’étendre au fil des siècles. Quelques familles vivent dans ce lieu écrasé par un soleil de plomb et regardent d’un œil intrigué la venue d’un conroi de Blancs Manteaux. Faites bien sentir à vos joueurs l’étrangeté de la situation, puisque retournant sur les terres même de l’intervention du Christ dans ce qui semble être un épisode fondamentale de l’histoire qu’ils essayent depuis des jours de comprendre. Interrogeant les habitants, vos Frères pourront apprendre que oui, un certain Lazare vient de temps à autre résider dans les grottes non loin du village. Vos Frères pourront sans difficulté apprendre qu’il ressemble étrangement au Pèlerin salvateur venu en Jérusalem. Cependant, à cet instant précis, le Pèlerin (dont vous aurez compris qu’il n’est autre que Lazare) n’est pas en ces lieux. Vos Frères pourront prendre le chemin du retour vers Jérusalem…. C’est alors qu’ils font route de la sorte que vos Frères croiseront un convoi de pèlerins qui ne manquera pas, comme à l’accoutumée, de solliciter leur aide. Néanmoins, dès que les Frères se seront portés à leur secours, les « pèlerins » en question se dévoileront en tant que ce qu’ils sont : des serviteurs du malin qui cherchent à faire passer de vie à trépas le Frère désigné en tant que futur porteur du Graal. Arrangez-vous pour que ce joueur soit particulièrement grièvement blessé au cours de l’attaque, de telle sorte que vos Frères se retrouvent au beau milieu de nulle part, avec celui d’entre eux qu’ils sont censés protéger dans un état plus que critique. C’est le moment que choisira le Pèlerin (Lazare), pour venir à leur rencontre alors qu’il s’en retournait simplement à Béthanie. Immédiatement les Frères reconnaîtront en lui le nécromant qui a si durement interrogé Eudes de Saint-Amand. Contre toute attente, le Pèlerin soignera le ou les Frères blessés en les effleurant simplement du bout des doigts et, leur jetant un regard, leur proposera de les suivre en sa demeure, à savoir une grotte près de Béthanie. C’est là un des moments clé de ce scénario, et plus que jamais je vous invite à le préparer avec la plus grande attention. Sachez pour cela que Lazare, s’il a certes été rappelé d’entre les morts par le Christ, n’en a pas moins été durement affecté. En effet, et pour résumer, étant mort, il a connu le paradis. Le Christ l’ayant rappelé à la vie, il a été privé de ce même paradis et se trouve désormais condamné à la vie terrestre éternelle (reprendre la thématique du juif errant). Depuis lors, Lazare est d’une humeur constamment changeant, mais toujours extrême : il oscille en permanence entre amour et colère, incapable de comprendre ses propres sautes d’humeur. Si vous jouez ce scénario à deux MJs (ce que je ne saurai que trop vous conseiller), n’hésitez pas à faire jouer Lazare par les deux : un « gentil » et un « méchant ». Questions probables des PJs : -
Pourquoi aides-tu les musulmans ? Finalement LAZARE coupera court à la conversation et leur posera simplement la question suivante : « m’aiderez-vous à accéder au Lapis e Locei ? » Si oui, les en remercie, si non, il s’en ira, laissant vos Frères penauds. Si, à leur retour à Jérusalem, les Frères se précipitent faire un compte-rendu circonstancié à HELINAND, celui-ci, pour une fois, se montrera lucide, en leur rappelant que l’excès de vin est un péché de la pire des engeances !....
a. Premier
problème : y’a un marché… Trouvent finalement
une échoppe (tente) où un marchand arménien vend
de la Pourpre. Le Frère descendant de Joseph en achète et
déclamera à qui veut bien l’entendre qu’il se
nomme [nom du Frère], fils de Joseph (l’un répondra
qu’il se nomme IZIM FILS DE BARAL et qu’il n’a rien
à faire du nom de [nom du Frère] et de sa filiation !). - Qui êtes-vous
? Question
Fondamentale : Parce que Benoît me l’a dit et qu’en plus j’ai une généalogie qui le prouve !! exclamation des autres personnages, certains semblant rester dubitatifs. Ils partiront, prenant la généalogie, et demandant aux Frères de les attendre ici. Les cinq personnages eviendront de longues minutes plus tard et diront : « Frère [nom du frère désigné], il semble que votre séjour en Terre Sainte trouve ici sa fin. En effet, quand le Rabbi de Nazareth vint à mourir, une relique de grande valeur resta en la possession de ses disciples, jusqu’à ce qu’elle fut cachée par deux personnes, dont votre noble ascendant faisait partie. Depuis cette époque nous protégeons cette relique. Désormais, en ces temps troublés, la sagesse impose de cacher à nouveau cette relique en d’autres terres. Frère Benoît semblait dire que seuls les descendants des premiers Porteurs pourraient le faire. Nous n’en sommes pas convaincus, mais si déjà vous êtes là, même seul… Vous autres, aidez-le dans sa tâche, et assistez-le où bon il lui semblera d’emmener la relique ! » Au final, et sans autre forme de procès, les sages invitent les Frères à se rendre au Saint Sépulcre.
V – 2. FINAL AU SAINT SEPULCRE NB: je sais que cette ultime partie du scénario n'est, pour l'heure, présentée que sous style télégraphique: j'y remédierai rapidement, mais ai préféré vous donner d'ores et déjà la possibilité de lire ce qui a précédé. - arrivée
au tombeau. prière
Quelques 136 ans plus tard, en l’an de grâce 1314, alors que le Frère désigné n’a depuis lors, pas pris une ride, il songe encore à ce qui s’est déroulé durant ces jours à Jérusalem. Il y songe alors que dans le lointain, au dessus de l’île de la cité, au sein même de Paris, brûle un sinistre bûcher. Mais il n’y prête pas garde, car il sait que ceux là-bas brûlent connaîtront bientôt une félicité qui lui demeure interdite. Et pour
cause : dans la charrette de foin qu’il mène vers l’Angleterre,
il sait que se trouve le lapis e coelis, le graal qu’il lui faut
à nouveau cacher…
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