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Memento Finis partie 1 2 3 Annexes

Où les Frères font leurs premiers pas à Damas

Au matin de la Saint Pretextat de l’an de grâce 1179 de l’incarnation de notre Seigneur, le poussiéreux conroi de Templiers entre en les murs de Damas en passant par la Porte As-Sagîr. La désagréable sensation de se jeter dans la gueule du loup assaille chacun.

Rapidement, une troupe d’hommes en armes rejoindra le conroi : des mamelouks jetant des regards haineux en direction des ‘Blancs-Manteaux’. Ils exigeront des Frères qu’ils les suivent afin de les mener ‘en toute sécurité’ jusqu’au Palais. C’est donc sous bonne escorte que les Frères traverseront Damas en direction du Palais de l’Atabeg de Damas, Shams Al Dwa Turanshah, le propre frère de Salah-Ad-Din.

NB : un plan de Damas au XIIème siècle sera donné en annexe dès que mon scanner aura décidé de fonctionner à nouveau…. Le Palais y sera indiqué avec la référence Citadelle.

La Citadelle est une enceinte fortifiée de grande taille au Nord Est de Damas. L’intérieur est constitué d’un jardin au Nord duquel se trouvent les différentes bâtisses, vers lesquelles les Frères seront amenés. Ils sont accueillis par un homme d’une quarantaine d’année, extrêmement courtois à leur encontre. Il s’agit du Dey Ibn Tahir, le secrétaire particulier de Salah-Ad-Din. Après quelques mots de bienvenue, Ibn Tahir proposera aux Frères de se reposer de leur longue route en se rendant aux bains : que vont faire les Frères ? Pécher contre la courtoisie en refusant ou bien pécher contre la Règle en quittant l’habit ? La sagesse voudrait qu’ils acceptent la proposition afin de démontrer leur bonne volonté. Après tout, il est nullement précisé qu’il doivent se dévêtir avant d’effectuer leur ablutions…

Si les Frères demandent à entamer les négociations de suite, Ibn Tahir rétorquera qu’il n’est pas nécessaire de se hâter. Il est de culture musulmane d’user et d’abuser de manœuvres dilatoires dans ces circonstances et Ibn Tahir ne saurait faire autrement : il faudra donc que les Frères s’arment de patience avant de pouvoir en venir au nœud du problème.

Après le bain, des chambres seront attribuées à chacun des Frères : elles sont confortables et particulièrement luxueuses en comparaison des rudes cellules templières.

Peu avant Tierce, Ibn Tahir viendra proposer aux Frères de les mener jusqu’à l’église Sainte Marie où ils pourront prier. C'est donc sous bonne escorte qu'il traverseront une nouvelle fois Damas, en direction de l'Est.

Ils rencontreront là le Père Sacharie qui marquera sa satisfaction de voir des frères du temple en son église à grands renforts de gestes de bienvenue… Il semblera évident que ces gestes sont en réalité bien plus destinés à démontrer aux quelques chrétiens de Damas que leur congrégation a quelque importance aux yeux de Jérusalem. C'est donc dans une église remplie de chrétiens curieux que les Frères pourront prier.

Interrogé sur la situation des chrétiens à Damas, le Père Sacharie répondra que, si leur communauté est restreinte, il n'en reste pas moins qu'elle prie avec ferveur et, de plus, il ne peut reprocher quoi que ce soit aux autorités damasquines qui se montrent des plus tolérantes. Enfin, le Père Sacharie dira avoir toute confiance en l'avenir de sa communauté. En effet, le Seigneur lui a envoyé un signe, dira-t-il avec un air faussement mystérieux à l'attention des Frères. Si ceux-ci veulent en savoir plus sur la nature de ce 'signe', le Père Sacharie les priera de revenir vers none, pour assister au miracle…

A sixte un repas copieux sera servi aux Frères au Palais. Ils pourront à cette occasion faire la connaissance de l'émir Ibn Jobair qui accompagne les Frères tout comme le Dey Ibn Tahir. La conversation sera courtoise et les hôtes déclineront poliment toute question quant à la suite des événements.

Vers none, les Frères ne manqueront pas de gagner l'église Sainte Marie. Ils pourront une nouvelle fois écouter la messe dite par le Père Sacharie. A l'issue de celle-ci, le prêtre demandera aux Frère de les suivre dans une petite Chapelle attenante à l’église. Il prendra un air empreint de mystère et de religiosité alors qu’il leur fera cette demande. A n’en point douter, les Frères le suivront.

Alors qu’ils traverseront quelques couloirs éclairés par les rares rayons de soleil qui arrivent à percer le verre épais des fenêtres, ils entendront, provenant de derrière une porte se trouvant au bout de leur chemin, des exclamations de joie et d’étonnement suivi de prières retentissantes. Le père Sacharie ne pourra réprimer un large sourire de satisfaction.

Ouvrant la porte, les Frères du Temple pénètreront dans une pièce où se trouve amassée une trentaine de personnes qui, à leur entrée, se mettront à genoux et loueront le Seigneur d’une plus vive voix encore. Au fond on aperçoit une statue de la Vierge. Au bout de quelques secondes, celle-ci se mettra à pleurer des larmes de sang. Vraisemblablement, les Frères resteront cois quelques secondes devant ce miracle. Les fidèles, eux, seront presque en transe. Néanmoins, si un Frère réussit un test de Sens (difficulté 9), il se rendra rapidement compte que tout ceci n’est, en réalité, qu’une supercherie : un complexe système de tuyauterie à base de boyaux de porc reliés à une panse du même animal sert à approvisionner la statue en sang.

Laissez vos joueurs se démener avec le problème suivant : que faire ? Dénoncer la supercherie serait juste mais contribuerait grandement à ébranler la foi de nombre des personnes présentes. Inversement, ne rien faire, serait incontestablement un mensonge.

La meilleure solution consiste sans doute à en parler, discrètement, au Père Sacharie, qui reconnaîtra, rapidement, qu’il s’agissait là d’un moyen efficace en vue de raffermir la foi des chrétiens de Damas. Il faudra le convaincre de cesser la mystification, sans pour autant porter atteinte à sa bonne volonté. En effet, n’oublions pas que le Père Sacharie est un des grands représentants de la chrétienté à Damas…

Aux alentours de Vêpres, les Frères seront de retour à la Citadelle. Un repas copieux sera servi aux émissaires du Temple. Mangeront avec eux : Soraka, Tahir et Tarek Ad Faat’I. Rien de notable n’arrivera au cours de ce repas, si ce n’est qu’une des servantes jettera des œillades appuyées à l’un des Frères. Si celui-ci se débrouille pour lui glisser quelques mots – pensant sans doute qu’il s’agit là de leur contact – la femme aura un petit sourire et proposera un rendez-vous, vers Mâtines dans les jardins de la Citadelle. Le repas se poursuivra jusque vers Complies, repas à l’issue duquel on annoncera aux Frères une visite de Damas pour le lendemain.

NB : ces différents repas ont un double objectif en termes de jeu. En premier lieu, il s’agit de bien faire comprendre aux joueurs que ce sont eux qui sont en situation difficile. Les sarrasins ont tout leur temps et ils comptent bien l’utiliser. En second lieu, il serait bon de profiter de ces interludes culinaires pour présenter plus précisément le caractère des différents PnJ. Ceux-ci sont, nous vous le rappelons, présentés en annexe.

Si le Frère concerné se rend dans les jardins de la Citadelle à Mâtines, il retrouvera effectivement la servante qui lui avait donné rendez-vous. Cependant, le templier s’apercevra également rapidement que le rendez-vous n’a rien à voir avec sa mission : il s’agit, dans l’esprit de la Dame tout du moins, d’un strict rendez-vous galant… Au frère de se tirer de cette situation pénible avec le plus d’élégance (attention au péché de chasteté…).

Où les Frères visitent la ville plus avant

Nous sommes le jour de la Saint Jean et Paul (le 26 juin).

La journée débutera, comme à l’accoutumée, par la messe de Prime. Peu après celle-ci, les Frères seront invités à une visite des souks de la ville. Sous bonne escorte (Tahir et Jobair les accompagnant), ils traverseront une nouvelle fois Damas en direction de différents marchés. Décrivez des lieux hauts en couleurs, des paroles prononcées fortement, des senteurs enivrantes etc… Vers Tierce, les Frères assisteront à une scène qui pourra leur être pénible. Ils arriveront à hauteur du marché aux esclaves à l’instant où est mise en vente une femme blanche dont le vendeur présentera (de manière outrageusement ostentatoire…) les avantages au demeurant forts grands. Les enchères s’envoleront rapidement. Laissez les Frères décider de ce qu’il convient de faire. Sachez qu’il serait bon que l’enchère soit, en définitive, remportée par un soldat qui paiera un fort prix.

Le repas de Sixte sera pris au souk. Au cours de celui-ci, changeant brutalement de sujet, Ibn Tahir leur annoncera sur un ton égal, le début des négociations pour le lendemain. Dans le même temps, il sortira de ses vêtements le couteau d’arme de Saint-Amand qu’il remettra, en gage de bonne volonté, aux Frères. Un Frère attentif pourra voir poindre un léger sourire sur le visage de Jobair à ce moment… Tahir précisera également que le repas de ce soir sera pris en compagnie de l’Atabeg Turanshah, le Frère de Salah Ad Din. N’en doutons pas, la tension devrait monter d’un cran parmi les Frères !

L’après-midi, les Frères pourront vaquer à leurs occupations. Il est vraisemblable qu’il passent une bonne partie de celle-ci à s’interroger sur l’attitude à tenir pour les quelques heures à venir.

NB : nous ne pouvons que vous conseiller de laisser vos joueurs mariner quelques temps. Leur situation est, pour le moment, effectivement assez inconfortable. Reçu dans une ville ennemie, il savent devoir mener des négociations sans avoir grand chose à négocier. De plus, l’aide extérieure promise n’a toujours pas donné signe de vie. Si vos joueurs sont comme les miens, ils passeront sans doute l’après-midi à échafauder des théories les plus fumeuses les unes que les autres : gardez-vous d’éclater de rire ! ! !

Le repas du soir sera servi vers Vêpres. Seront réunis tous les conseillers sous la houlette de l’Atabeg. Tous les convives seront déjà attablés lorsque les Frères arriveront. Un silence pénible emplira la pièce alors que les Frères la pénètrent. Après qu’ils ont pris place, L’Atabeg, de sa voix essoufflée, prendra la parole :

" Emissaires du Temple, sachez pouvoir, en cette soirée, vous considérer comme mes convives plus que comme mes adversaires dans la lutte qui nous oppose "

Cette phrase maladroite prononcée, il fera signe aux servantes de distribuer les plats. Ceux-ci se succèderont à un rythme effréné, l’Atabeg prenant un visible plaisir à ingurgiter toute le nourriture qui se présente à lui, ponctuant les quelques phrases qu’il pourrait prononcer de rots sonores.

Le repas sera l’occasion pour les Frères d’être l’objet de différentes provocations, plus ou moins maladroites au demeurant. Ainsi, l’Emir Abu Ali entreprendra-t-il de mener une conversation avec l’un ou l’autre Frère sur les différences notables d’organisation militaires de leurs camps respectifs. C’est au cours de cette conversation qu’il glissera, avec perfidie, le fait que l’art de la guerre Sarrasin a démontré sa supériorité à Chastel Blanc, bataille à laquelle il a eu la joie de participer. De même, certains plats seront servis par l’esclave blanche qu’ils ont pu voir l’après-midi au souk. Cette dernière jettera des regards implorants aux Frères.

Il conviendrait qu’à l’issue de ce repas les Frères se soient rendu compte des éléments suivants :

  • Aux yeux de l’Emir Abu Ali, la négociation est dépourvue d’objet.
  • Soraka ne semble faire aucun cas des Frères et ne leur adressera que des propos empreint d’une haine et d’un dédain marqués.
  • L’Atabeg est incapable de prendre une décision et préfère s’en référer à son Frère.

Au cours du repas, une altercation surviendra entre Soraka et une femme, restée en retrait parmi le personnel servant. Cette jeune personne, d’une vingtaine d’années, n’est autre que la femme de Soraka, Si’Hem. L’altercation a lieu en arabe et porte, visiblement, sur la façon de disposer les plats. Soraka s’emportant, il vocifèrera à l’encontre de la Dame qui, outrée, quittera la pièce…

A l’issue du repas, vos Frères pourront voir le Dey Ibn Tahir quitter la salle en compagnie de l’esclave blanche : sans doute une ultime provocation.

Où les Frères mènent d’âpres négociations

En ce jour de la Saint Maclou (27 juin), les Frères se réveilleront certainement tendus : c’est aujourd’hui que doivent débuter les conversations. Celles-ci commenceront après la messe de Primes. Une nouvelle fois, les Frères seront en compagnie de tous les conseillers et de l’Atabeg. Celui-ci prendra la parole :

" Mes chers amis, nous sommes réunis en ce jour pour recevoir les doléances des émissaire du Temple. Dois-je rappeler qu’à la suite de notre écrasante victoire au Marj-Ayun, nous avons eu la clémence d’épargner l’un des leurs, le Frère Eudes. C’est de la libération de ce dernier qu’il convient que nous nous entretenions.

Avant toute chose, je précise que Nous ne sommes guère favorable à cette libération. Néanmoins, en Notre grande clémence, Nous restons à l’écoute des propositions du Temple ".

Il se tournera vers les Frères et les interrogera du regard. A eux de plaider au mieux la libération de Eudes de Saint-Amand. Quelque soit leur proposition, et surtout si elle tient au versement de la rançon, l’Atabeg fera la moue. Dans ce dernier cas, Soraka prendra la parole et marquera son étonnement : " Je croyais qu’il était de coutume, chez les Frères du Temple, de ne verser aucune rançon si ce n’est un couteau d’arme ?… Si votre Loi n’a que si peu de valeur à vos yeux que vous la transgressez à la première occasion, comment pouvons-nous avoir confiance en vos dires ? Pour ma part (se tournant vers l’Atabeg), je ne vois pas ce que nous pourrons tirer d’une telle négociation… (l’Atabeg fera signe à Soraka de garder patience) ".

Au cours de cette première journée de négociation, aucun accord ne pourra être trouvé. L’Emir Abu Ali changera de position néanmoins : d’un refus entêté de procéder à la libération de Saint-Amand, il passera à une acceptation éventuelle à la condition que le Temple cède des territoires de grande importance (proposition proprement inacceptable…).

Ibn Tahir, quant à lui, écoutera attentivement les dires des Frères pour finalement faire systématiquement montre d’une insatisfaction quant à leurs propositions. Ibn Jobair, lui, semblera plus prompt à la négociation. Les Frères pourront arriver à s’en faire un allié en plaidant la libération contre la rançon s’ils argumentent dans le sens d’une pacification des territoires frontaliers (ce qui ne fera que grandir la colère d’Abu Ali). Le conseiller Ad Faat’I, quant à lui, semblera ne pas saisir la moitié des engagements proposés, ces remarques tombant systématiquement à plat…

C’est épuisés que les Frères sortiront de cette première journée sans avoir réussi à arracher quoique ce soit, si ce n’est la certitude que la rançon ne sera vraisemblablement pas suffisante…

NB : il n’y a rien que de très logique dans tout cela. En effet, non seulement l’Atabeg est proprement incapable de prendre la moindre décision par soi-même mais, de plus, Salah-Ad-Din lui-même a demandé à ce qu’on fasse durer les négociations. Nous ne pouvons que trop vous conseiller, notamment à cause de cette scène précise, de maîtriser ce scénario à deux. Cela permettra une interactivité largement accrue entre les PNJs.

A Vêpres, le repas sera servi et les négociations prendront fin. Les Frères seront placés entre les conseillers cette fois. C’est sans peine que ceux-ci feront abstraction des négociations pour parler aux Frères, sur un ton égal, de sujets divers et variés.

Au cours de ce repas, les Frères, sur un test de sens (difficulté 6) pourront voir la femme de Soraka glisser quelques mots à l’oreille de la servante avec laquelle l’un des Frères avait rendez-vous. Celle-ci commencera à servir les plats et, arrivant à hauteur du Frère auquel elle avait donné rendez-vous, fera tomber un message écrit sur un petit vélin. Au même instant, Soraka se penchant en direction du Frère assis à ses côtés lui glissera simplement " Nous interviendrons demain, dans la nuit… ".

Voilà enfin l’allié des Frères qui se dévoile…

Sur le vélin, il est simplement inscrit : " ce soir à minuit ". Effectivement, vers minuit, les Frères recevront en leur cellule la visite de Si’Hem, les gardes la laissant passer sans difficulté. Celle-ci prendra à peine le temps de leur glisser quelques instructions avant de s’en aller :

Demain soir, traversez le jardin et pénétrez dans la piscine qui s’y trouve. Rassurez-vous, elle n’est pas très profonde.

Une fois dans l’eau, vous trouverez, face à la cascade, une conduite d’évacuation qui vide le bassin. La grille qui la fermen’est pas fixée. Enlevez-là. La conduite n’est pas très haute, mais on a de l’eau jusqu’aux genoux.

Après quelques dizaines de mètres, vous aboutirez dans un grand bassin qui récupère les eaux usagées du Palais. Ne prêtez pas attention aux odeurs mais cherchez sur votre gauche un éboulis dans la paroi. Il y a là un étroit passage, creusé dans la terre qui aboutit dans un passage secret, souterrain.

Une fois que vous y serez, prenez sur votre droite et tournez à gauche dès que vous le pourrez. Au bout de vingt mètres environ, il y aura une intersection et il vous faudra tourner à droite.

Il y a là un couloir plus large que le précédent et c’est dans celui-ci que vous trouverez, à mi-hauteur dans un mur, une grille. Otez la, elle ferme une petite conduite d’aération qui permet de renouveler l’air vicié des prisons souterraines du Sultan. Les cellules sont équipées de soupiraux qui donnent sur cette conduite.

Maintenant, je dois y aller, qu’Allah vous protège, que votre Christ vous vienne en aide… "

Et elle s’en ira, laissant certainement les Frères dubitatifs…

Où les Frères explorent les souterrains du Palais

Peu après Laudes, les Frères seront réveillés par un important bruit provenant de la Cour intérieure du Palais. Jetant un rapide coup d’œil par la fenêtre, ils verront un important conroi s’arrêter : Salah-Ad-Din vient d’arriver en Damas…

Après la messe de Primes, une rapide collation sera servie et les négociations reprendront, cette fois en présence du Sultan. Celui-ci accueillera les Frères d’un hochement de tête, ne laissant paraître aucun animosité à leur égard sans pour autant se montrer obséquieux. Il se présentera et demandera à ce que chacun des Frères fasse de même avant de s’assurer qu’ils ont été traités avec les meilleurs égards.

Puis se tournant vers Ad Fahti, il l’interrogera :

" Un accord a-t-il pu être trouvé ?

  • Nous sommes en bonne voie…
  • Excellente nouvelle. Précisez-moi les termes de cet accord…
  • Et bien, votre Excellence, nous avons su convaincre les dignes émissaires du Temple d’envisager avec le plus grand sérieux la cession de quelques terres frontalières !
  • Tiens donc… (le Sultan aura un haussement de sourcil significatif) "

A n’en point douter, les Frères pousseront des cris d’indignation (si tel ne devait pas être le cas, il conviendrait d’envisager un manquement à la Règle de l’Ordre – seul un couteau d’arme en rançon…). S’en suivra une discussion animée où les uns attesteront les propos d’Ad Fahti et se montreront outrés du fait que les Frères reviennent sur une parole donnée alors que les autres préciseront ne pas avoir le souvenir d’un tel engagement…

La querelle durera une bonne heure. Finalement, il en ressortira que Ad Fahti a sûrement dû se méprendre sur les propos du Temple (sans doute la langue…). Salah-Ad-Din reprendra les choses en main en demandant simplement à ce que les Frères lui montrent les 15.000 besants.

Laissez vos joueurs décider de la conduite à tenir. S’ils venaient à montrer la somme, le Sultan demandera rapidement si un accord peut-être trouvé sur ce montant. Soraka prendra, à cet instant, un risque conséquent en faisant un signe de dénégation à l’intention des Frères : il est évident qu’il convient de gagner du temps. A vos Frères de trouver les arguments nécessaires pour que les négociations ne trouvent pas d’issue avant le lendemain…

NB : cela ne devrait pas être trop dur. En effet, Salah-Ad-Din a, lui également, besoin de temps comme nous le verrons par la suite.

La journée se déroulera donc de la sorte, la tension étant, néanmoins, à son comble à l’issue de celle-ci puisque une bonne partie des Sarrasins (Ad Fahti en tête) tiendront rigueur aux Frères d’avoir renié leur parole…

Finalement, Mâtines approchera…

 

Il convient, pour les Frères, et à la condition qu’ils suivent les instructions de Si’Hem, de se rendre auprès du bassin. Cela ne devrait pas poser de problème particulier (demandez leur néanmoins s’ils gardent leur blanc manteau qui, après tout, est très visible… On ne sait jamais, ils pourraient être tenté de pécher…).

Une fois arrivé auprès de l’eau, les Frères auront l’agréable surprise de constater que les dires de Si’Hem s’avèrent exacts : effectivement il y a une grille au fond du bassin (sur le mur Nord) qui est déscellée et autorise, de ce fait, un passage par un conduit d’évacuation.

NB : Vos Frères, s’ils ont gardé tout leur attirail de soldat seront vraisemblablement grandement gênés dans leurs mouvements. N’hésitez pas à le leur faire remarque et, pourquoi pas, leur attribuer quelques malus…

Les Frères n’auront alors qu’à suivre les instructions qui leur ont été fournies la veille, sous réserve de s’en souvenir (Diff. 6). Il parcoureront (dans le noir s’ils n’ont aucun moyen pour s’éclairer…) les souterrains emplis d’une odeur peu ragoûtante avant d’arriver à hauteur des conduits d’aération. Vous pouvez, à cet instant, leur créer quelques frayeurs avec des petits bruits qui s’approchent, s’éloignent (des rats…) etc… Une fois l’accès du conduit d’aération débloqué – sans aucune difficulté – il apparaitra clairement que seul un ou deux Frères peuvent s’y introduire, tout demi tour s’avérant impossible et le retour (si retour il y a) devant se faire à reculons…

A cet instant précis, un grand tumulte proviendra de la surface (des bruits sourds, des cris etc…) : visiblement, quelque chose ne tourne pas rond à l’extérieur !

Quoiqu’il en soit, je suppose que vos Frères vont s’introduire dans le conduit…

 

Memento finis...

Celui-ci se poursuivra sur une cinquantaine de mètres, donnant l’opportunité de jeter quelques coup d’œil dans certaines cellules du Palais. Il reste à espérer qu’aucun prisonnier voyant le templier ramper dans le conduit ne commence à vouloir attirer l’attention des gardes…

NB : les Frères peuvent voir dans les cellules par un soupirails qui se trouve à 2 mètres de hauteur par rapport au sol de chaque cellule. Evidemment, chaque soupirail est barré par une grille solidement fixée. Donc les Frères peuvent regarder dans les cellules mais en aucun cas y entrer (comme toute lapalissade, c’est évident, mais ça va mieux en le disant ! ! !).

A l’issue de ce périple, les Templiers assisteront à un spectacle qui, certainement, marquera leurs esprits à jamais. Ils auront la vue sur une cellule dans laquelle gît Eudes de Saint-Amand, attaché à une sorte de table, torse nu et visiblement affaibli. Dans un coin de la pièce, son Banc Manteau, tâché de sang repose à même le sol. Devant le Maître de l’Ordre, un personnage en aube sombre interroge le Maître en latin. Il s’agit vraisemblablement du mage au service des sarrasins dont parlaient les Frères rescapés de la bataille du Marj Ayun…

" Où est le lapis e locei, ton Graal ? dira le sinistre personnage

  • Imbécile, pourquoi existons-nous ? répond Eudes de Saint Amand
  • Le Porteur du Sang est-il déjà désigné ?
  • Ce n’est pas parce que je porte le Blanc Manteau que je suis dans le secret des neufs…
  • Qui sont-ils ?
  • Les plus purs d’entre nous ! ! "

A cet instant précis, Eudes de Saint-Amand verra le Frère qui l’observe depuis le soupirail. Il écarquillera les yeux et dira à son encontre : " Tue-moi, c’est un ordre ! ".

Espérons qu’à cet instant la sentence Memento Finis prendra tout son sens : que faire ? Tuer Eudes de Saint-Amand ? Peut-être avec la sarbacane donnée par le Bâtini. Oui, mais le Maître est un Chrétien et cela est formellement interdit par la Règle (sans parler de l’utilisation d’une arme de jet…).

Désobéir… Oui, mais il s’agit d’un ordre du Maître de l’ordre après tout…

En toute hypothèse, après que Eudes de Saint Amand a donné son ordre, les Frères disposent de trois minutes pour se décider. Il serait bon de jouer ces trois minutes en temps réel. Si, à l’issue de ce temps, les Frères n’ont pas réagi, des gardes entreront dans la cellule et emmèneront le Maître. Celui-ci se débattra mais sera finalement traîné au dehors. Il est alors grand temps pour les Frères de prendre la fuite.

Inversement, s’ils utilisent la sarbacane, Eudes de Saint Amand mourra en quelques secondes sous l’effet du poison se trouvant sur les flêchettes, le sourire au lèvres.

Les Frères peuvent également décider de tuer le mage : cela leur semblera peut-être la solution la plus avisée. Néanmoins, et au bout d’une trentaine de secondes, les gardes entreront et emmèneront le Maître tout comme dans la première solution.

A n’en point douter, les Frères rebrousseront chemin en toute hâte. A la sortie du bassin, ils verront qu’au dehors, la bataille fait rage : des hommes, apparemment de paisible habitants de Damas, s’en prennent aux gardes, quelques bâtisses sont en feu. Sorraka, sortant de l’ombre, leur fera signe de le suivre. Une véritable course dans les couloirs du Palais débutera. Vous pouvez émailler cette scène de quelques combats.

Finalement, les Frères, toujours en compagnie du Bâtini, arriveront, in extremis, à quitter l’enceinte de Palais et, en définitive de la ville.

A l’extérieur, près de la maisonnée de Jaafar, les attendront des montures. Sur l’une d’entre elle se trouve, ligoté, Frère Nicodème. Les adieux seront rapides et les Frères pourront repartir vers Jérusalem, l’esprit chargé des implications de leurs actes…

 

Un Chapitre démoniaque

Le retour ne présentera aucune difficulté. Cependant, au cours de celui-ci, les Frères auront la désagréable sensation de se sentir menacés en permanence, voire observés.

A Jérusalem, Hélinand de Saint Omer les accueillera et leur demandera un rapide compte rendu de leur mission : qu’en est-il du Maître, que sont devenu les 15.000 besants etc…

Finalement, un Chapitre sera tenu. Comme à l’accoutumé, il sera demandé à chacun des Frères quels sont les péchés dont ils demandent l’absolution.

S’ils ont obéi à Eudes de Saint Amand en le tuant, il ne leur en sera pas tenu rigueur. Inversement, s’ils ont désobéi, Hélinand prendra un air grave et affirmera qu’il s’agit là d’un péché de la plus grande importance (minimum un carré grisé en obéissance...).

Puis viendra le tour de Nicodème. Celui-ci aura l’air troublé et commencera à balbutier quelques mots incompréhensibles. Puis, il prendra, assez rapidement, l’apparence des différents représentants du Malin que vos Frères ont pu croiser au cours de leurs missions. Des exclamations d’étonnement se feront entendre dans la salle du Chapitre. Enfin, Nicodème finira par se transformer en la représentation la plus caricaturale d’un démon et… passera à l’attaque. Les Templiers pousseront des cris de terreur pour finalement se ressaisir et c’est tout le Chapitre qui s’unira pour occir le serviteur du Malin… Ceci sera, en définitive, chose rapidement faite, l’ensemble des Templiers assaillant le Démon tout comme une horde d’Anges guerriers.

Hélinand ordonnera à tous de se rendre à la Chapelle pour prier pour le salut de leurs âmes…

 

NON NOBIS DOMINE, NON NOBIS, SED NOMINE TUO DA GLORIAM…

 

 

CONCLUSION :

De nombreuses questions restent posées. Qui est le Nécromant ? Que signifiait la discussion entre lui et Eudes de Saint-Amand ? Pourquoi Frère Nicodème s’est-il transformé en Démon ? Ces questions trouveront réponse, un jour…

Pour le moment, tout ce que je puis vous dévoiler (et que vous aurez sans doute compris) c’est que le Temple semble détenir quelque chose ou quelqu’un qui intéresse au plus haut point non seulement les sarrazins mais également les serviteurs du Malin…

 

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