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- Campagne - Les écrits d'Erenir - |
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Monseigneur,
Voici les informations que vous m’avez demandé de réunir concernant les ennemis de l’empire connus sous les noms d’Irssin Minéto, Auric de Bondhost, et Pochikalaan de Bondhost lui aussi. Ayant réuni et recoupé de nombreux rapports et témoignages collectés par nos services, je suis à présent en mesure d’établir un historique des actions de résistance menées par ces hommes contre notre glorieux empire. Veuillez donc trouver ces information dans le document qui suit.
Afin que cet exposé soit pertinent, il est nécessaire de remonter quelques années en arrière, à l’époque où le commandant Ferd Blackyork dirigeait notre garnison de Jonville. Il semble en effet que ce soit de cette époque que datent les premières informations concernant un groupe d’insoumis orlanthis. Ce groupe, ou plutôt ces groupes furent constitués d’individus provenant majoritairement des campagnes sartarites. Les uns sont bien connus de nos services tandis que d’autres ont rapidement disparu de la circulation. De manière synthétique nous pouvons dire qu’un nombre important d’entre eux furent actifs jusqu’à la Bataille de la Faille et qu’à partir de cette époque on n’entend quasiment plus parler que des trois individus qui nous intéressent. Il nous paraît cependant important de vous indiquer quels étaient les autres rebelles, et vous trouverez donc ici une liste succincte les présentant.
N.B. : Vous trouverez ci-joint une description aussi détaillée que possible de chacun de ces personnages. Bien que ces informations soient succinctes, il est tout de même intéressant de constater que tous ces personnages semblent avoir toujours eu partie liée avec Auric ou Pochikalaan. On pourrait donc s’interroger sur l’existence d’un réseau secret de résistance en Sartar, basé peut-être dans les environs du village de Bondhost. Il faut aussi noter que durant cette période, le dénommé Irssin Minéto n’est pas présent. Nous supposons qu’il ne se serait joint aux rebelles qu’au cours de l’année qui précéda la chute de Boldhome.
Ces précisions biographiques étant faites, revenons à l’apperçu des méfaits perpétrés par ces orlanthi turbulents. L’origine de leurs actions remonte à 1623 et au fait que certains de ces hommes (dont Auric et Pochikalaan) se retrouvèrent en possession d’un artefact puissant, un objet nommé Eclaboussure Lumière ou Orbe draconnique. Nos services et nos prêtres avaient connaissance de l’existence de cette Orbe et s’y intéressaient grandement. C’est pourquoi le commandant Blackyork fut chargé de le retrouver. Notre officier parvint à s’emparer de l’artefact mais les rebelles, qui étaient alors emprisonnés, bénéficièrent d’une aide mystérieuse et réussirent à assassiner Blackyork, à lui soustraire l’Orbe et à fuir de Boldhome. Ce fut là leur premier fait d’arme significatif et malheureusement pour l’empire, il en annonçait bien d’autres. Après avoir cherché à savoir comment il était possible qu’un tel groupe de paysans arrive à tenir tête à nos soldats tout en réussissant à déjouer les tentatives répétées qui furent faites pour les capturer, nos services sont arrivés aux conclusions suivantes. En dehors d’une chance incroyable ces hommes ont bénéficié dès leurs premiers actes de résistances de l’assistance et du soutien de noblions locaux (notamment le Comte de Mortelune-Soranitz), et de l’aide, plus discrète elle, d’un initié de Lankhor Mhy, le sage Arrighel. D’ailleurs, je suis à peu près certain que c’est sur ordre de Mortelune que ces rebelles prirent part à l’attaque de la maison du duc de Rône, un seigneur sartarite rallié à notre cause, et qu’il tuèrent la fille de celui-ci, Dame Jesra, ainsi que son fiancé, un officier prometteur du nom de Sidus. C’est sans doute aussi à l’instigation du comte que ces mêmes individus tentèrent de libérer de Dame Eliabelle de Mortelune. Celle-ci était en effet notre prisonnière puisque nous l’avions capturée dans l’espoir de faire cesser les intrigues de son père. Notre garde réussit à faire échec à cette incursion, mais les conspirateurs réussirent néanmoins à s’enfuir. De ce moment, nous perdons leurs traces quelque temps puis les retrouvons mentionnés dans un rapport de notre gouverneur de Pavis. Celui-ci les avait arrêtés pour le meurtre d’un grand-prêtre d’Etyries (qui était en fait l’œuvre de nos services spéciaux) et comptait leur faire subir un châtiment en place publique. Mais le destin intervint en leur faveur puisqu’un mage de leurs amis, ayant pris l’apparence du grand prêtre décédé, vint réclamer leur libération au moment où nos soldats s’apprêtaient à les pendre. Nous pensons qu’ils fuirent alors en direction de l’Est. Peut-être ont-ils même été au lieu-dit le Bloc puisqu’on date de cette époque la profanation du sanctuaire par des personnes dont la description correspondrait à celle des hommes qui nous intéressent. Suite à ces menées délictueuses, leurs têtes étant mises à prix, ces fauteurs de trouble ont vraisemblablement quitté le Sartar. Cette hypothèse tend à être confirmée par le fait que nul acte de résistance pouvant les impliquer n’est à déplorer dans la région durant près d’un an. Des informations reparaissent au sujet de nos hommes peu de temps avant la Bataille de la Faille. Plus précisément à l’époque ou ce fou de comte de Mortelune prétendait enlever Boldhome d’assaut parce que nous avions exécuté sa fille quelques mois auparavant. Nous pensons que revenus en Sartar pour se joindre aux troupes du comte, Auric, Pochikalaan et leurs amis furent mêlés à la disparition de notre expert en sciences draconiques, Garstal Crânelisse. Celui-ci travaillait alors sur une prophétie intitulée " Le Septième du Septième ". Ce texte, écrit par un certain Iram de Nobleplûme concernerait la descendance de notre empereur. Par ailleurs, Garstal Crânelisse travaillait également sur des ouvrages en écriture draconiques trouvés dans le Temple des Milles Connaissances. L’un des derniers rapports concernant cette époque relate la fuite d’espions sartarites des murs de Boldhome, quelques jours avant la bataille. Ces espions emportant avec eux un corps qui devait être celui de Garstal. D’après la description qui en est faite, il pourrait fortement s’agir des personnages qui nous intéressent. Enfin, selon les divers témoignages receuillis, il est quasi-certain que les individus suivants furent présents lors de la Bataille de la Faille : Ashra, Scott, Auric, Galaor, Kyrian, Auric et Pochikalaan. C’est aussi à cette occasion que le kralori Irssin Minéto apparaît dans le groupe. Sa présence aux côtés des sartarites nous permet de supposer que les rebelles seraient allés bien plus loin vers l’Est que ce que nous pensions. Mais de là à admettre qu’ils aient été jusqu’en kraloréla ! Pour revenir à la bataille dite de la faille, rappelons qu’elle vit s’opposer une troupe d’Orlanthi menée par le héros local Raurarque de Valgrâve à nos troupes basées dans Boldhome dirigées, elles, par le Général Demehët. Alors que le sort de la bataille était encore indécis, " un violent séisme a secoué la plaine et le feu s’est mis à tomber du ciel " (aux dires d’un témoin). Quoiqu’il en soit, les deux armées furent anéanties et Boldhome quasi-détruite. Depuis ce jour, la ville est traversée par une profonde faille qui donna son nom à la bataille. Pour un temps, n’ayant pas de troupes disponibles dans la région, le contrôle de Boldhome et des environs nous échappa. On aurait pu penser qu’un tel cataclysme n’aurait épargné personne, mais il faut se rendre à l’évidence, Pochikalaan, Auric, Scott, Galaor et Irssin survécurent ! C’est d’ailleurs cette constance du Destin en leur faveur qui fit que désormais la moindre information les concernant est jugée " importante " et non plus uniquement accessoire. Après la Bataille de la Faille, notre présence dans la région étant réduite à peu de chose, nous perdons une fois de plus la trace des rebelles. Nous supposons que le groupe se sépara. La seule certitude que nous ayons est que Pochikalaan et Scott restèrent quelques temps à Boldhome et qu’ils firent élire… Dame Eliabelle de Mortelune à la tête de la ville ! Or, nous l’avions exécutée, il y a donc là quelque mystère aujourd’hui encore inexplicable. Sans doute cette femme était-elle un sosie ou une imposteuse, mais l’empressement que mirent les orlanthis à suivre ses directives semble plaider contre cette hypothèse. Quoiqu’il en soit, les informations concernant Pochikalaan et Scott deviennent elles aussi inexistantes vers le printemps. Il est impossible de savoir ce que firent les uns ou les autres durant près de deux années. En effet, malgré des recherches élargies à l’ensemble du Sartar et même au Comté de Pavis, aucun indice ne révèle la présence de l’un des personnages qui nous intéresse. Par contre c’est à cette époque que la renommée de nos adversaires commence à se répandre dans les campagnes orlanthies. Des rumeurs vantant leurs mérites se sont multipliées, et l’une d’elle est qu’ils auraient été les seuls survivants après le passage d’un dragon. De manière générale, ces assertions sont essentiellement propagées par des habitants de Boldhome ou des environs. C’est de Fort Hasard, une communauté d’Orlanthi en Dorastor, que me sont parvenues les premières informations mentionnant à nouveau de manière précise Irssin, Auric et Pochikalaan. Plus précisément, c’est un rapport de mère Katarina, l’une de nos prêtresses sur place qui nous renseigne. La vénérée mère indique que nos trois sujets se présentèrent un beau jour et disant qu’ils avaient à faire en Dorastor mais sans vouloir préciser la nature de leur tâche. Selon la description que mère Katarina donne (et qui est confirmée par d’autres sources) nos trois adversaires avaient quelque peu changé. Irssin Minéto arborait désormais deux runes, celle de l’homme et une autre qui était inconnue à la mère. Quant à Auric et Pochikalaan ils étaient devenus initiés, l’un d’Humackt, l’autre de notre seigneur Yelm. Mère Katarina indique qu’elle eut plusieurs agréables discussions avec Pochikalaan, mais que celui-ci refusa toujours de lui révéler la raison de sa venue en Dorastor et qu’il justifia l’étrange assortiment d’un kralori, d’un humackti et d’un yelmalite par l’existence de liens d’amitié et la nécessité d’accomplir en commun une mission de la plus haute importance. Nous savons qu’ils quittèrent Fort Hasard environ un mois après leur arrivée, non sans avoir œuvré pour la comunauté locale, et surtout après y avoir conduit une troupe de moribonds, à demi sauvages qu’ils dirent avoir " tirés des bois "… C’est de la Tour d’Arkat que nous recevons de leurs nouvelles quelques semaines plus tard. Irssin, Auric et Pochikalaan y arrivèrent un beau jour paraissant forts agités et forts anxieux. Nous savons qu’ils tenaient des propos incohérents, criant au danger et prophétisant un retour imminent de G'Baji. Nos hommes sur place refusèrent d’accorder foi à de telles assertions, pour le moins issues d’esprits dérangés, et ne laissèrent pas les trois rebelles pénétrer dans la Tour d’Arkat ainsi qu'ils l’exigeaient. Les responsables de la garnison, croyant à tord la cause entendue et voyant que les voyageurs faisaient tout de même preuve de quelques civilités (Irssin et Pochikalaan notamment) autorisèrent les trois hommes à passer la nuit en l’auberge de la forteresse. Ce fut là grande méprise et bien mal connaître la perfidie et la capacité de traîtrise de ces hors-la-loi ! En effet, au petit matin, avant même le lever de Yelm, profitant du fait que la garnison était ensommeillée, les trois rebelles, remplis de fureur et de folie, se précipitèrent sauvagement sur les trois initiés de Yanafal Tarnis qui montaient la garde devant la Tour d’Arkat et les exécutèrent sans autre sommation. Un sort identique fut réservé à notre héros Bogad qui protégeait l’intérieur de la Tour et qui n’eut que le temps de donner l’alarme avant que d’être assassiné. Mis en fuite par le reste de la garnison, les trois traîtres ne purent heureusement pas s’introduire dans la tour. Des recherches furent aussitôt entreprises et deux jours plus tard, les assassins de Bogad étaient capturés en compagnie de Scott et d’Ashra, eux aussi présents en Dorastor. Ces idiots s’étaient tout bonnement présentés à la Tour d’Arkat pour parlementer, croyant pouvoir impunément revenir sur le lieu de leur crime ! Le commandant de la place reçut ordre de transférer les prisonniers vers Fort Courroux où se trouvaient quelques membres de nos services. Cependant, durant leur transfert vers le Fort ils réussirent une fois de plus à nous échapper. C’est à ce point de mon rapport que je me vois contraint de narrer celle qui est sans doute la plus sombre des exactions perpétrée par les rebelles : le massacre de la Tour d’Arkat. A ce sujet, certains de nos agents vont jusqu’à présumer que nos adversaires conclurent une alliance contre nature avec les Crocs de Krasht à seule fin de se rendre maîtres des lieux. Cette hypothèse, pour étrange qu'elle, soit semble néanmoins attestée par les faits : la garnison de la Tour d’Arkat fut retrouvée quelques jours plus tard assassinée, de nombreuses traces de Crocs étant visibles ça et là. Après enquête il apparaît que les crocs auraient menés une attaque de diversion tandis que les rebelles s'infiltraient sous la tour. Quoiqu'il en soit ces sauvages firent exécuter toute la garnison et, ultime provocation, le prêtre de la place fut retrouvé nu, crucifié aux portes du fortin ! Le corps expéditionnaire arrivé au lendemain des faits découvrit sous la Tour tout un réseau de souterrains, une pièce occupée par deux dragonewts géants ainsi que de nombreuses traces de combats. Mais bien plus grave, les rebelles s’étaient emparés des restes de G'Baji conservés là depuis la victoire d’Arkat ! Devinant aisément que les meurtriers de Bogad s’en retournaient vers le sud, une forte troupe fut envoyée à leur poursuite. Malheureusement, l’un de nos agents qui avait réussi à rejoindre les fuyards en prenant les traits d’un esclave fut démasqué et tué. La mauvaiseté des paysages et les dangers omniprésents qui sont le lot de Dorastor profitèrent aux rebelles rapidement leurs traces furent perdues, et la poursuite pour un temps suspendue. Par contre, décision fut prise de tendre un piège à Fort Hasard où sans doute les fuyards allaient faire une halte. Mais, vraisemblablement mis au fait de la présence de nos troupes par leurs amis orlanthi, nos adversaires ne s’y montrèrent pas. C’est ainsi que se termine l’épisode Dorastor. Cette fois-ci, nous ne restons que peu de temps sans information. En effet, deux ou trois semaines plus tard nos espions dans la Boldhome d’Eliabelle de Mortelune nous informent de l’arrivée en ville des trois personnages qui nous intéressent, accompagnés d’Ashra, de Galaor et de Scott. A peine arrivés, qu’ils ameutaient déjà la population, inquiétés par les nouvelles de l’approche d’une de nos légion en provenance de Pavis. Comprenant que leur présence allait redonner espoir à ces fous de sartarites, l’un de nos alliés sur place reçut ordre d’empoisonner Dame Eliabelle, figure charismatique du mouvement de résistance notre déesse. C’était sans compter sur la ténacité de nos adversaires qui réussirent avec l’aide d’un résistant notoire, Jarstonn Bonn’hache, à mobiliser la ville pour organiser la défense et ce, malgré l’abattement général causé par la mort de la comtesse. Plus encore, les rebelles envoyant des émissaires dans les villages tentaient de rallier les paysans et les fermiers parvenant à convaincre quelques dizaines de villageois de Jonville ou des environs de s’associer à leur folle et désespérée entreprise de refus de l’ordre. Redoutant l’arrivée de notre armée, les résistants organisèrent la ville et se préparèrent pour un siège, déjouant nos tentatives de sabotage et allant même jusqu’à concevoir une stratégie ! Mais certaines choses ne changent jamais. Car le lendemain de l’arrivée de nos troupes campèrent sous leurs murs, la horde sartarite présente dans Boldhome abandonna toute prudence et se précipita de manière totalement insensée et désordonnée à l’assaut du campement des nôtres. Une fois de plus, et malgré la fougue de nos adversaires, la supériorité de notre armée, de notre organisation et de notre discipline fit la différence. A peine le combat était-il engagé que la troupe orlanthi était prise à revers, et deux heures plus tard les survivants tournaient les talons. Notons tout de même encore quelques faits particuliers relatifs à cet événement ;
Quoiqu’il en soit, au soir de la Bataille du Lézard, la horde adverse était mise en déroute, Boldhome était détruite par la chauve-souris, tout ce que le Sartar pouvait compter d’agitateur était mort sur la plaine ou terré dans la forêt. La bataille était gagnée, le Sartar notre ! Quelques recherches furent menées à l’époque, et des détachements placés dans les villages connus pour leurs actes de résistance (Bondhost notamment). Mais il s’avéra que les personnages qui nous intéressent avaient fuit en direction de la Désolation accompagnés d’une troupe constituée des quelques survivants de la bataille, des esclaves libérés et d’une " chaise à porteur " dont je n’arrive pas à m’expliquer la présence au milieu d’eux. Le plus vraisemblable est que leur objectif était la Kraloréla puisque c’est de là que leur était venue de l’aide. En effet, quelques mois plus tard, une petite troupe d’émissaires de notre déesse, en tractation dans le Royaume de l’Ignorance, rapporte que des " non kralori, vraisemblablement d’origine sartarite, recherchent le sire Canshu ". Enfin, plus récemment, j’ai appris que certains de ces même émissaires, chargés justement de traiter avec le seigneur Canshu avaient été occis par " une troupe de barbares " alors qu’ils se trouvaient dans la forteresse secrète du maître du royaume. On m’a enfin rapporté que le seigneur Canshu a conclu un accord avec Glamour et que cet accord concerne pour parti Irssin, Auric et Pochikalaan ainsi qu’une créature désignée sous le nom de " l’être ". Enfin il semblerait que Pochikalaan et Auric, témoignant une fois de plus de leur fourberie aient tous deux renié le culte qu’ils avaient choisis de servir. J’attends d’ailleurs à ce sujet une réponse du clergé de Yelm. Autre information capitale ; depuis leur réapparition en Kraloréla, les rebelles semblent disposer d’un véhicule pour le moins extraordinaire ; une " pyramide volante " ! Malgré l’incongruité d’un tel fait, cette affirmation s’est avérée répétée à de fort nombreuses reprises dans des témoignages recueillis auprès de centaines de personnes différentes et le plus souvent tout à fait dignes de foi. Bien qu’aucun témoin interrogé n’ait approché " l’engin " de près, je puis tenter ici une brève description. Il s’agirait d’une pyramide de pierre, d’une trentaine de mètres de large à la base et s’élevant sur trois ou quatre niveaux. Un gigantesque rayon de Yelm semble la traverser quand elle vole, et il consume tout ce qui se trouve au sol. Cette " cité-volante ", que les rebelles paraissent avoir adopté comme lieu de résidence, se déplace à allure modérée, mais est tout de même trop rapide pour être longuement suivie par un cheval au galop. Nous avons rejeté d’emblée l’attribution d’un tel engin à une quelconque technologie connue. En effet, les mostali n’ont jamais tenté d’explorer les airs et nos spécialistes dans le domaine des techniques mostalis m’assurent que cette pyramide ne peut pas être leur fait. Par ailleurs, nous connaissons suffisamment bien le panthéon yelmalite pour savoir qu’ils n’ont pas réalisé un tel appareil, et que quand bien même l’envie les en aurait pris, ils en eussent été grandement incapables. Quant à savoir de quelle manière cet engin est actionné et dirigé, cela reste un grand mystère, qui justifierait la prise de moyens conséquents pour que nous nous emparions de cet objet. Sans doute un rapprochement peut-il être établi entre l’existence de cette cité volante et la présence avec nos ennemis de cet " être " mentionné plus haut. Un complément d’information à ce sujet sera demandé à nos services à Glamour.
Voici donc toutes les informations récoltées à ce jour. Nous n’avons pas pu découvrir où se sont rendus les rebelles avec leurs suivants et leur pyramide, mais j’ai envoyé quelques messagers diffuser auprès de toutes nos garnisons en Sartar l’ordre de nous prévenir s’il était fait mention d’une longue traînée de terre calcinée en l’un ou l’autre lieu. Si vous m’en faites la demande, je vous ferais parvenir une description détaillée des trois meneurs, que je vous inviterais à diffuser en tout le Sartar. Que la lune vous protège, Monseigneur et qu’elle comble les vôtres de ses bienfaits.
Fait à Jonville, le jour divin de la semaine de l’harmonie,
Sibélius de Nostrie, votre serviteur.
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